Expositions passées
Affiche Caillebotte à Yerres au temps de l'impressionnisme

Caillebotte à Yerres, au temps de l’impressionisme

Centre d’Art et d’Expositions La Ferme Ornée
Exposition « Caillebotte à Yerres, au temps de l’impressionnisme ».
Du 5 avril au 20 juillet 2014.

>> Découvrez la vidéo sur l’exposition

>> Consultez les retours médias sur l’exposition

Les tableaux emblématiques

L’eau, élément majeur

Rez-de-chaussée, grande salle

Pêche à la ligne (157 x 113 cm) / Baigneurs, bords de l'Yerres (157 x 117 cm) / Périssoires sur l'Yerres (157 x 113 cm) - huiles sur toiles - 1878

Pêche à la ligne (157 x 113 cm) / Baigneurs, bords de l’Yerres (157 x 117 cm) / Périssoires sur l’Yerres (157 x 113 cm) – huiles sur toiles – 1878

Parmi les tableaux exposés au rez-de-chaussée, dans la grande salle, où l’eau, et en particulier la rivière l’Yerres, occupe le rôle principal, citons le triptyque « Pêche à la ligne » (collection privée), « Baigneurs, bords de l’Yerres » (collection privée) et « Périssoires sur l’Yerres » (musée des Beaux-Arts de Rennes). Ces trois tableaux, datant de 1878, représentent les bords de l’Yerres en été. Ils ont été réunis en triptyque par l’artiste en 1879 et présentés comme « panneaux décoratifs » lors de la quatrième exposition Impressionniste à Paris. La composition de chacun, leur réunion, le traitement de la lumière en font un ensemble pleinement impressionniste, ce que les œuvres de Caillebotte ne traduisent pas toujours.

La composition de « Pêche à la ligne » est relativement classique, avec le personnage de profil au premier plan. Les taches du soleil passant à travers les arbres sur le chapeau, le dos et la jambe du pêcheur rappellent celles de « Torse de femme nue » de Renoir, ayant appartenu à Caillebotte.

La composition des « Baigneurs, bords de l’Yerres », est plus audacieuse, le personnage principal étant de trois-quarts arrière, visage caché, fesses bien en évidence. Il est tourné vers l’extérieur du tableau. Le baigneur sortant de l’eau vient en contrepoint.

Enfin, « Périssoires sur l’Yerres » possède une composition plus cohérente, même si les personnages sont de dos. Caillebotte s’est ici inspiré du japonisme.

L’ensemble n’affiche aucune cohérence particulière, seuls les formats et le thème réunissent ces œuvres.

Yerres, source d’inspiration

Rez-de-chaussée salle 2

Le jardin potager, Yerres - huile sur toile (60x73cm) - 1875-1878

Le jardin potager, Yerres – huile sur toile (60x73cm) – 1875-1878

Dans la deuxième salle du rez-de-chaussée se trouve la toile « Le jardin potager, Yerres » (1875-1877, collection privée). Caillebotte réalisa de nombreuses vues du potager, niché au fond du parc et cerné de murs. Dans cette version, le peintre s’est posté dans l’allée centrale, face à l’entrée. Son attention semble attirée par la symétrie des différentes parties bordées de buis bas. Les couleurs et les rapports de tons sont particulièrement mis en valeur. On note le carré supérieur gauche du jardin où la terre est à nu, teintée de variations du rose au violet, en partie recouverte d’un rectangle aux empâtements presque purs.

La nature à l’état brut

Étage – salle 1

L'Yerres, effet de pluie - 1875 - huile-sur-toile - 81 x 59 cm

L’Yerres, effet de pluie – 1875 – huile-sur-toile – 81 x 59 cm

Les Impressionnistes aimaient à représenter la nature, la lumière, les mouvements créés par l’eau ou le vent, l’infinie variété des couleurs du ciel. Caillebotte a su illustrer à merveille cette nature, présente tout autour de lui à Yerres.

L’influence du japonisme et de la photographie transparaissent nettement dans cette œuvre. Cette peinture serait la première aussi aboutie de l’artiste exécutée à Yerres. Le point de vue décentré rend l’œuvre particulièrement originale. Caillebotte se détache ici nettement de l’enseignement reçu aux Beaux-Arts, en superposant une diagonale très marquée (la rive du bas) avec une ligne quasi-horizontale (l’autre rive), les deux tendant l’une vers l’autre. Un autre élément surprend : la barque, dont on ne distingue ni le lieu ni le mode d’arrimage, accentue l’horizontalité de la rive opposée. La pluie, elle, est invisible. Seuls les ronds dans l’eau la représentent. Au fond, la maison sans fenêtre est à peine distincte. Ces éléments participent au mystère que dégage ce tableau.

La Propriété familiale

Étage – salle 2

 

Le parc de la propriété Caillebotte à Yerres - huile sur toile, 65x92 cm, 1875

Le parc de la propriété Caillebotte à Yerres – huile sur toile, 65×92 cm, 1875

La période « yerroise » de Caillebotte est relativement brève. Il démarre en effet ses études aux Beaux-Arts après 1870 et ne se rend plus guère à Yerres après 1880. Mais durant cette dizaine d’années, la demeure et ses scènes de vie sont le thème d’une grande partie des toiles du peintre.

Tout comme « L’Yerres, effet de pluie » présentée précédemment, cette toile revêt un caractère novateur, révélant les capacités du peintre à imaginer des cadrages et des dispositions spatiales inattendues, jouant, si nécessaire, de distorsions de l’espace inhabituelles. Rien dans cette toile n’est symétrique. Le banc, bien trop petit vu son emplacement, semble filer vers le haut du tableau. L’herbe est traitée à coups de pinceaux verticaux. Le chemin, lui, est traité en touches horizontales, dans le même rose violacé déjà remarqué dans le potager. L’homme à gauche et l’arbre à droite équilibrent la composition et mènent le regard vers le Casin. Ce tableau, donné par Caillebotte au valet de chambre de la famille, est longtemps resté dans l’oubli.

L’univers de Caillebotte

Étage – salle 3

La leçon de piano - 1881 - huile sur toile - 81 x 65 cm

La leçon de piano – 1881 – huile sur toile – 81 x 65 cm

Issu d’une famille aisée, Caillebotte évolue dans l’univers cossu de la bourgeoisie parisienne. Yerres et ses environs étaient particulièrement prisés par ces familles, souhaitant se retrancher de temps en temps à la campagne. La vallée de l’Yerres offrait un cadre propice au repos, à la promenade. De magnifiques demeures illustrent cette empreinte bourgeoise dans la région.

Ce tableau est exceptionnel dans l’œuvre de Caillebotte, de par l’emploi des couleurs foncées et la posture des personnages, tournant le dos au spectateur. Il s’agit aussi de la seule scène du genre où il fait intervenir des personnages exclusivement féminins. Sur le mur, on devine un tableau représentant un paysage aquatique. Ce dernier pourrait être une œuvre de Caillebotte lui-même, ou bien un Monet. C’est d’ailleurs à Claude Monet que cette leçon de piano a été offerte. Celui-ci l’a conservé jusqu’à la fin de sa vie dans sa chambre de Giverny. Ainsi, l’une des deux femmes pourrait être une proche de Monet, sans doute Alice Hoschedé, mariée avec lui en 1892.

 Haut de page